VERNISSAGE LE 9 OCTOBRE 18 H | La Plateforme6Bis

Exposition LORETO CORVALAN

Loreto Corvalan, née à Valparaiso au Chili, réfugiée en Normandie depuis plus de 30 ans, tente de nous faire comprendre le profond déracinement de celles et ceux obligés de fuir leur pays et de laisser tout derrière eux. Tout ici, nous invite à nous mettre dans la peau de « l’autre »
Exposition LORETO CORVALAN

Heure et lieu

VERNISSAGE LE 9 OCTOBRE 18 H
La Plateforme6Bis, 6bis Rue Edouard Adam, 76000 Rouen, France

À propos de l'événement

Loreto Corvalan, née à Valparaiso au Chili, réfugiée en Normandie depuis plus de 30 ans, tente de nous faire comprendre le profond déracinement de celles et ceux obligés de fuir leur pays et de laisser tout derrière eux. Tout ici, nous invite à nous mettre dans la peau de « l’autre » En nous chassant de nos « intérieurs bourgeois* », l’artiste nous invite à devenir plus humain, plus empathique.

Géographe de formation, Loreto Corvalan joue avec les échelles et les perspectives. Le jeu des lignes, la violence des plans superposés, s'opposant à la sérénité illusoire des fonds nous entrainent à penser à la barbarie et à l’éphémère de l’existence. La  composition souvent sobre, autour d'une oblique, d’une verticale ou d’une horizontale, laisse apparaitre un sujet principal en premier plan frontal ou au contraire lointain, placé la plupart du temps de côté, au-dessous ou au-dessus dans la toile. L’humain impuissant, semble se débattre seul dans l’espace. Les signes, les écritures que nous reconnaissons, n’exercent pas une fonction représentative mais analogique. Les animaux manipulés, enfermés, morts ou sous - cloches ne sont que les symboles d’une souffrance infligée. Ainsi, un oiseau mort, devient une main humaine qui tue toute espérance. La transparence, la superposition des sujets, leurs enchevêtrements, leurs emboîtements permettent aux images de s’imbriquer les unes dans les autres et de dialoguer. Nous laissant ainsi entrevoir une multitude de possibilités d’interprétations, de mondes cachés.

Son usage de la perspective semble influencé par la peinture traditionnelle de l’Extrême-Orient de manière générale. La notion de ligne de fuite n'existait pas, et le point de vue retenu était en général celui d'une « vue cavalière » qu’emprunte volontiers l’artiste. Ce n’est qu’à partir de Paolo Uccello et Piero della Francesca en Occident qu’un début de perspective s’amorce, qui est reprise au début du 18 ème siècle par les artistes japonais. Loreto Corvalan emprunte aux deux continents. Elle se situe entre eux, c’est à dire nul part, déracinée, entre perspective orientale et occidentale. Comme dans l'Égypte antique, la taille de ses objets ou de ses personnages, ne dépend pas de leur proximité ou de leur éloignement, mais de leur importance dans le contexte du sujet.

Le travail sur la profondeur spatiale et la perspective nous emmène dans un monde fantastiquement dramatique. Les plans sont renversés, ouverts, frontaux et tout devient surface en mouvement ou fermée, physiquement instable où le sujet apparait soit écrasé par ce qui l’entoure soit flottant ou imposant dans un espace inventé, imaginaire, poétique… entre fiction et réel. L’artiste nous offre une écriture très personnelle, une nouvelle façon de penser.

* «Interieurs bourgeois» «La maison brûle» séries de L.Corvalan.

Sophie Casaÿs, 2021.

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